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Surtourisme et grands félins: je vous résume deux publications scientifiques

  • aetiennephotos
  • 19 janv.
  • 3 min de lecture

Jeune guépard du Kalahari en Afrique du Sud
Jeune guépard du Kalahari en Afrique du Sud

Un article paru il a quelques années m'avait interpellée et je le résume dans les lignes suivantes.:En utilisant les guépards (Acinonyx jubatus) comme espèce modèle, Femke Brokhuis a étudié la variation du nombre de petits atteignant l'age adulte en fonction de l'habitat et de l'abondance de touristes et de prédateurs. En moyenne, chaque portée, les femelles guépards ont élevé 1,71 ± 1,35 petits jusqu'à leur indépendance, mais cela variait en fonction de la présence d'habitats ouverts et de l'abondance de touristes, tous deux ayant un effet négatif sur le recrutement des petits. Plus précisément, les femelles guépards qui se trouvaient principalement dans des habitats ouverts ont élevé en moyenne 1,69 ± 0,14 petits par portée jusqu'à leur indépendance, contre 3,04 ± 0,26 petits dans des habitats plus denses. De même, les femelles guépards exposées à une forte abondance de touristes ont élevé en moyenne 0,21 ± 0,72 petits jusqu'à leur indépendance, contre 2,32 ± 0,11 petits dans des zones à faible tourisme. Ni l'abondance de lions ni celle des hyènes tachetées n'ont eu d'impact sur le nombre de petits recrutés. Ces chiffres donnent à réfléchir! L'auteur recommande la mise en place de quotas de touristes dans les zones de forte affluence, et l'application de directives strictes pour l'observation de la faune, telles que le nombre de véhicules, le comportement des touristes, le temps passé et la distance par rapport à une observation.

Voici l'article en entier:


Aujourd'hui, ce sont les résultats de recherches concernant les lions du Mara qui me troublent et m'inquiétent. Je vous livre une synthèse rapide de la publication:

" Equilibrer les avantages et les inconvénients : camps touristiques et conservation des lions dans la Maasai Mara"

Mogensen, Niels & Packer, Craig & Svenning, Jens-Christian & Amoke, Irene & Buitenwerf, Robert. (2025). Balancing benefits and burdens: Tourist camps and lion conservation in the Maasai Mara.


Lionne du Kalahari en Afrique du Sud
Lionne du Kalahari en Afrique du Sud

L'article de Niels Mogensen et al. explore la relation complexe entre le tourisme sauvage et la conservation des lions dans la célèbre réserve de Maasai Mara au Kenya. Alors que le tourisme est une source significative de revenus et de soutien à la conservation, l'expansion rapide des infrastructures touristiques soulève des préoccupations quant à leur impact sur les écosystèmes et les populations de faune, en particulier les grands carnivores comme les lions.


L'étude a été menée entre 2014 et 2022 et a utilisé des données sur les densités de lions et la répartition des camps touristiques dans un échantillon de 2363 km². Les résultats montrent que les densités de lions sont les plus élevées dans les zones sans camps, tandis qu'une augmentation de la densité des camps est associée à une baisse significative des densités de lions. Cette tendance est observée indépendamment de la disponibilité des proies ou de la couverture végétale. Les camps nouvellement établis semblent également déplacer les lions, ce qui suggère que la planification actuelle du paysage et du tourisme ne favorise pas les résultats de conservation dans la région.


Les implications de ces résultats sont majeures. Les camps touristiques permanents, bien qu'ils apportent des bénéfices économiques, peuvent nuire à la survie des lions en perturbant leur comportement, en fragmentant leur habitat et en réduisant leur densité. Niels Morgensen souligne "Ainsi, bien que les lions montrent une tolérance à certaines formes d'activité humaine, les perturbations constantes et multifacettes causées par les camps, couplées à la fragmentation de l'habitat, peuvent représenter un stress particulier et significatif." L'article recommande une planification stratégique des activités touristiques pour équilibrer les avantages du tourisme de la faune avec la conservation des espèces clés telles que les lions. Une distribution plus équitable des activités touristiques pourrait améliorer les résultats de conservation tout en répartissant les bénéfices de l'écotourisme de manière plus équitable entre les régions et les communautés.


Cette recherche souligne l'importance d'une gestion réfléchie du tourisme pour assurer la viabilité à long terme des populations de lions dans le Maasai Mara, tout en continuant à soutenir les économies locales par le biais du tourisme.Pour conclure, je cite à nouveau "Il est essentiel de reconnaître que, malgré l'image bienveillante du tourisme faunique, notamment en contraste avec les établissements humains et le bétail, celui-ci a des impacts mesurables et négatifs sur la faune. Néanmoins, le tourisme faunique reste vital pour le financement de la conservation et les moyens de subsistance locaux dans la Maasai Mara, où des modèles communautaires dans les conservatoires de la Mara canalisent les revenus vers les propriétaires terriens maasaï, favorisent la gestion responsable, financent des programmes de conservation, préservent l'habitat et aident à réduire les conflits entre humains et animaux sauvages—des bénéfices qui contribuent à prévenir la conversion des terres et les pertes bien plus importantes qu'elle impliquerait (Bedelian et al., 2024 ; Holland et al., 2022 ; Lietal., 2020)."


Les liens avec les deux articles permettront à chacun ou chacune de se faire sa propre opinion.

 
 
 

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