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Dans l'ombre des éléphants

Type de projet

Livre

Date

Disponible en Novembre 2025

Emplacement

Librairies, Sumupstore Anne-Marie Etienne, Editions Odussée

Livre d'art photographique

A commander sur le site des Editions Odyssée

Acheter "Dans l'ombre des éléphants"

1. Comment est née l’idée de consacrer un livre entier aux éléphants, après Entre deux mondes consacré au peuple San du Kalahari ?
Depuis le début de ma quête africaine, où photographie humaniste et animalière sont intimement liées, j’ai cherché à révéler et à comprendre la part d’âme qui en moi, est éléphant. Dans l’ombre des éléphants est né de cet amour, du portfolio publié dans vos pages, de mes expositions de la série Black Ellies et d’un pari fou avec ma petite-fille : « Si nous faisions ensemble un livre sur les éléphants ? »

2. Vous semblez entretenir avec l’Afrique une relation intime et durable. Qu’est-ce qui vous y attire encore et toujours ?
J’ai connu, lors de mon premier voyage en Afrique australe une sorte d’épiphanie. La beauté des paysages, la faune emblématique, la gentillesse des habitants m’ont envoûtée. Quand je dois quitter l’Afrique, l’Afrique, elle, ne me quitte jamais. Je fais partie de celles et de ceux que l’on a pu nommer « les fous d’Afrique », peut-être ai-je été maraboutée ?
3. Dans vos images, l’éléphant est plus qu’un animal : il devient une figure symbolique, presque mythologique. Comment travaillez-vous ce passage du documentaire au poétique ?
Les formes puissantes, la promesse de beauté portée par les éléphants sont déjà une forme de poésie. Je souhaite la transcender en créant une mise en abyme, en choisissant avec soin la composition, les attitudes, les angles de vue, la lumière… pour que mes photographies se jouent des perspectives et exaltent le poème vivant incarné par les éléphants. La recherche documentaire est venue dans un second temps, pour apprivoiser, comprendre ce royaume sauvage.
4. Vous intégrez parfois le flou et des images « tremblées » : un choix esthétique fort, presque pictural. Pourquoi cette audace et que cherchez-vous à transmettre ?
Pour illustrer la partie introductive du livre, consacrée à notre vision symbolique de l’éléphant, aux pachydermes mythiques peuplant notre paysage mental, je voulais une iconographie dotée d’une identité visuelle puissante. Les surimpressions, les poses longues m’ont permis de réaliser des images oniriques, entre dessin et photographie. Il s’agissait de faire entrer l’éléphant dans l’imaginaire du lecteur par la porte du rêve et du mystère, pour qu’il puisse s’en saisir et cheminer avec moi dans l’ombre des éléphants.
5. Les dessins et croquis d’Anna Etienne Roger dialoguent avec vos photographies. Comment s’est construite cette collaboration ?
Ce livre raconte l’amour familial à travers la beauté de la nature. Les dessins d’Anna, ma petite-fille de 17 ans, s’entrelacent avec mes photographies, en créant un dialogue entre deux générations. Je suis la « matriarche », passeuse et gardienne des souvenirs, celle qui raconte les histoires des éléphants, les immortalise avec son appareil photo tandis qu’Anna, avec ses feutres d’art et ses crayons évoque les voyages partagés, les moments d’éternité vécus en observant les familles éléphantesques. Ses choix artistiques personnels ont enrichi la dimension poétique et originale de ce travail commun.

6. Vous évoquez les rangers et éco-guides qui risquent leur vie pour protéger les éléphants. Qu’avez-vous appris à leur contact ?
En échangeant avec eux, j’ai compris que la protection et la sauvegarde des éléphants passent par un changement de paradigme : il faut adopter le point de vue des éléphants et des populations locales. Ces deux perspectives, loin d’être dissonantes, peuvent s’enlacer dans une harmonie nécessaire. Ce « décentrement du regard », j’ai voulu le raconter et le mettre en image dans la dernière partie du livre, consacrée à la région de Kunene en Namibie, où des éléphants et des hommes vivent éparpillés sur du sable, en mêlant des photographies d’éléphant du désert et d’habitants de ces vallées.
7. Vos textes insistent sur le regard de l’éléphant, porteur d’une mémoire et d’une sagesse ancestrale. Quelle expérience personnelle vous a le plus marquée dans cette rencontre de regard ?
J’ai vécu, au fil des années et de mes séjours en Afrique, de nombreuses rencontres marquantes et inoubliables. Pourtant, c’est celle que je n’ai pas faite qui me hante encore… Voortrekker n’était pas un éléphant ordinaire. C’était un géant sage et paisible, aux longues défenses et aux oreilles majestueuses, un leader infatigable et respecté. En 1994, il fut le premier de son espèce à revenir dans les vallées du Damaraland, abandonnées par les éléphants pendant les années d’instabilité de la guerre d’indépendance namibienne. En quête de sérénité, Voortrekker perçut dans ces vastes paysages une promesse de paix enfin retrouvée. Au bout de son incroyable voyage, il guida un groupe d’éléphants vers la vallée de l’Hugab, en se fiant à sa mémoire ancestrale des routes migratoires anciennes. Le 25 juin 2019, Voortrekker fut abattu par un chasseur de trophées. J’ai cherché, inlassablement, dans le regard des patriarches d’aujourd’hui, dans celui des femelles paisibles, le souvenir de Voortrekker. On dit que les éléphants n’oublient jamais. Évoquent-ils encore son épopée ? Pourront-ils un jour nous pardonner ?

8. Votre livre convoque aussi l’Histoire (Hannibal, Pompée…), la mythologie, la littérature et même la culture populaire (de Tolkien à Star Wars). Pourquoi ce choix de tisser ces références dans un ouvrage photographique ?
Je ne crois pas que la photographie soit un reflet, un instantané de la réalité. A chaque déclenchement, le photographe crée un nouvel objet, je dirai même un nouvel univers. Et celui-ci dépend plus du photographe, de sa culture, de son histoire personnelle que de l’objet photographié. Avant d’être une photographe, je suis une scientifique, passionnée de mots et de livres. L’histoire, la mythologie, les univers fantastiques peuplent mon imaginaire. Tout mon travail photographique se mesure à l’aune de ce dialogue entre le passé et le présent, entre la science et les mythes. Les éléphants sont des animaux sociaux. La transmission des connaissances et de leur culture est au centre de la vie d’une harde. Comment imaginer un livre sur les éléphants qui ne jouerait pas aussi le rôle de passeur de savoirs ?
8. Selon vous, qu’est-ce qui explique la fascination universelle et intemporelle que suscite l’éléphant ?
Les liens qui nous unissent à cette espèce unique sont multiples. L’amour protecteur qui scelle leurs familles, les soins inlassables dont sont entourés les plus jeunes, la sagesse séculaire des anciens qui les guident, sont un écho de notre condition humaine. Ils évoluent avec la compréhension profonde de leur mortalité, qui donne sens à toute chose. Et c’est là que réside leur splendeur, tout comme leur tragédie. Leur grandeur réside dans cette perception aiguë de la temporalité : ils ressentent, comme nous, au-delà de l’instant qui s’évanouit, cette trame fragile que tisse le temps.
9. Comment avez-vous choisi et travaillé avec l’éditeur Odyssée pour la réalisation de cet ouvrage original ?
Mes deux premiers livres, en auto-édition, ont été imprimés chez Escourbiac. Ces livres ont été primés à Tokyo, grâce à la grande qualité de leur réalisation. Aussi, pour ce nouveau projet, c’est tout naturellement que je me suis adressée aux Éditions Odyssée. L’idée a immédiatement séduit Gilles Cargueray dont la confiance a été précieuse. Grâce au travail de la directrice artistique, Amélie Rebours, le livre est bien tel que je l’avais imaginé, magnifié par des choix éditoriaux forts, comme celui de deux papiers différents pour les textes et les photos ou de cette police retenue pour les titres, dont les sinuosités évoquent une trompe éléphantine.

DANS L’OMBRE DES ÉLÉPHANTS
Photos et textes : Anne-Marie Etienne
Dessins : Anna Etienne Roger
Préfaces : Pascal Tassy & Philippe Geluck
Éditions Odyssée
Format : 24x32 cm
176 pages
Prix : 54€
www.editions odyssee.com
www.annemarieetiennephotographe.com

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